dimanche 22 avril 2007

soirée des élections présidentielles

Que retenir de ce dimanche? D'abord le discours rassurant de Ségolène Royal qui a fermement condamné la vision ultralibérale de la société, celle de la raison du plus fort, de la concurrence de tous contre chacun... On attendait un tel discours.

Ce qui est inquiétant, c'est qu'une personne sur trois se soit déplacée pour voter pour M. Sarkozy.

Au diable le droit du travail et les acquis sociaux
Comment l'expliquer? M. Sarkozy est le candidat du MEDEF et des riches. Il n'aura de cesse que de supprimer les impôts, c'est à dire d'augmenter les revenus de ceux qui, déjà ont presque tout. Les plus forts doivent pouvoir exploiter les plus faibles sans entraves (au diable le droit du travail et les acquis sociaux!). Il représente la droite "décomplexée"(comme il dit), qui n'a plus honte d'être avide, xénophobe, agressive.

A la boxe il supprimerait les catégories.

Il prétend avoir le culte du mérite mais veut diminuer les frais de succession. Dommage... de la sorte il ôte aux filles et aux fils de riches l'occasion de montrer leur mérite.

M. Sarkozy s'exprime de manière énergique, c'est ce qui, en lui, plaît. Souvent il devient même franchement agressif. Il faut visionner, entre autres, cette vidéo où il s'en prend au journaliste J. J. Bourdin de RMC (pas franchement un gauchiste pourtant) de manière extrêmement véhémente...

On constate que M. Le Pen n'a obtenu que dix pour cent des voix. Ce recul pourrait être encourageant, mais il est à craindre que les votants se soient simplement déplacés sur M. Sarkozy qui a emprunté au chef du Front National le fond et la forme.

les maîtres à penser de M. Sarkozy
Certains se laissent aller à dénigrer les étrangers (qui font des gosses pour les allocations), les RMistes et les chômeurs (qui profitent du système et qui sont bien tranquilles avec leur 300 Euros mensuels pendant que nous on bosse et en plus ils travaillent au noir! et c...) et les fonctionnaires ces incompétents privilégiés, ces nantis qui n'en branlent pas une! Après ça on allume une clope et vas-y Roger, remets-nous un ballon de rouge.

Voilà les maîtres à penser de M. Sarkozy. Lui qui vient de Neuilly et d'une famille on ne peut plus bourgeoise n'a pas hésité à avaler un dictionnaire du français populaire. Après les dérapages verbaux "karcher" et "racaille", verra-t-on arriver "bougnoule" et "fainéant"?

Le danger, c'est qu'à encourager la xénophobie et à monter les gens les uns contre les autres on favorise plutôt le désordre. M. Sarkozy a ainsi déclenché lui-même les pires émeutes depuis des décennies en France. Bien entendu, la vindicte populaire a condamné les agissements des jeunes irresponsables. Mais est-ce responsable d'aller provoquer dans les cités les victimes mêmes d'un système dont on est le principal défenseur?

Pour un peu M. Sarkozy se prétendrait né dans la rue. Figurez-vous qu'il a dû lutter pour s'imposer! Il n'a pourtant guère de mérite d'avoir été élu par les militants de l'UMP, Étant seul candidat. Pour un partisan de la libre concurrence, ça la fout plutôt mal.

S'il flatte les plus mauvais penchants du peuple (c'est à dire de nous tous), lui-même surveille ses fréquentations et tandis que son frère Guillaume a de hautes responsabilités au MEDEF, Nicolas fréquente la haute société. On dit que M. Martin bouygues est le parrain de son fils... C'est bien utile d'avoir pour ami intime un grand patron de presse. Au quotidien, quand les électeurs seront de retour du bistrot où ils ont vomi leur ressentiment contre les étrangers, les chômeurs et les fonctionnaires, ils pourront constater sur TF1 combien ils ont raison.

Un démagogue, un arriviste et un agitateur
Il reste à espérer que suffisamment de Françaises et de Français se rendent compte, ainsi que l'a dit justement Ségolène Royal dans son discours, qu'on n'arrive à rien de bon par de tels procédés. Il vaut mieux prévenir que guérir, et prévenir, c'est empêcher, autant que faire se peut, que les plus forts écrasent les faibles. Un chef d’État doit garantir la cohésion et la paix sociale, M. Sarkozy a amplement prouvé qu'il en est incapable, et plus, qu'il est lui-même, par ses rodomontades creuses un facteur de désordre.

Notre droit, c'est de vivre tous dans la dignité. Notre devoir, au second tour, sera d'écarter un démagogue, un arriviste et un agitateur du pouvoir.

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