jeudi 14 juin 2007

Les libéraux y'en a s'attaquer à la culture

Les libéraux devaient tôt ou tard s'attaquer à la culture, s'appuyant une fois de plus sur les piliers de comptoir, le plus grand parti de France. Quand je parle de "culture", il ne s'agit pas de Jack Lang, de la fête de la musique et autres gay pride. Non je veux seulement parler des savoirs, de ce qui s'enseigne et se transmet.

Les piliers de comptoir n'apprécient pas que certains puissent avoir de l'intérêt pour autre chose que les soupapes de leur bagnole, le classement du PSG ou le linge de maison et les chiffons pour ces dames. C'est même comme ça qu'on reconnaît un pilier de comptoir : non seulement il n'a aucune culture, non seulement il ne voit pas l'intérêt d'en acquérir une (car cela s'acquiert, eh oui!) mais encore il ne supporte pas que d'autres en aient une.

acquiert-on la culture? Principalement à l'école, au collège, au lycée, à l'université.

Pour les libéraux, le principal défaut de la culture c'est que d'une part ça coûte au contribuable (donc au chef d'entreprise que le libéral est ou projette d'être) et que d'autre part, la culture ne s'achète pas et ne se vend pas. Gros défaut s'il en est! Celui qui écoute un professeur à la faculté et apprend ne gagne pas un centime et n'en dépense pas plus. Aucun argent ne circule, le professeur n'est pas moins riche d'argent d'avoir transmis ce qu'il savait. Donc, pour le libéral, l'enseignement ne sert à rien. C'est là que le libéral rejoint le pilier de comptoir et trouve en lui un allié objectif.

Quand le libéral profère que, par exemple, l'enseignement du dessin d'art ne sert à rien, le libéral crache sur la culture, et ça, ça plaît vachement au pilier de comptoir. Evidemment, le libéral a une idée derrière la tête, toujours la même : diminuer les impôts pour des raisons évidentes, et d'autre part orienter les personnes désireuses d'apprendre le dessin vers un enseignement privé et payant, de manière à dégager des profits.

Le pilier de comptoir, lui, il trouve que le dessin d'art "ah ben ça sert à rien"; il ne voit pas plus loin que ça. Ne connaissant ni le dessin ni quoi que ce soit d'autre, il ne pourra profiter de la privatisation, et ne payant guère d'impôt il ne profitera pas des économies projetées. (L'argent économisé, au demeurant, sera certainement réorienté vers la subvention des universités privées, qui argueront de la nécessité pour un pays comme le nôtre de favoriser l'enseignement du dessin.)

Et les fils et filles du pilier de comptoir ne pourront pas apprendre le dessin, car les "frais de scolarité" seront trop élevés pour eux, les subventions ayant été utilisées pour acheter des ordinateurs dernier cri, et non pour faciliter l'entrée des démunis, qui, s'ils le sont, c'est qu'ils le méritent.

Ce qui vaut pour le dessin vaut pour le latin, le grec, l'italien, et c...
Mais alors que va-t-on enseigner à l'université?

N'allez pas croire que le libéral (et son allié le pilier de comptoir) veuillent en finir avec l'enseignement! Oh que non! L'enseignement, selon le libéral, doit servir à fournir de bons ouvriers aux entreprises. L'enseignement doit former des tâcherons pour que Bouigues, Michelin, et consort n'aient plus à chercher vainement, les pauvrets, des victimes consentantes pour faire fonctionner leurs usines, accomplir les travaux nécessaires à l'augmentation des profits des actionnaires, à l'augmentation de l'effet de serre, bref, à la croissance...

Ben oui, vous avez cru que les entreprises étaient là pour que le citoyen lambda puisse vivre heureux et libre?Eh bien non! Le citoyen lambda doit certes "aller à l'école" (comme disent les piliers de comptoir) pendant des années, mais "à l'école", il doit apprendre comment permettre à son patron et aux actionnaires de l'entreprise de faire le maximum de bénéfices. Pour cela, il sera polyvalent, mobile (il n'aura donc pas de famille, ou sera divorcé), ne sera pas syndiqué, (et donc ne fera évidemment jamais grève bien qu'il en ait le droit, bien entendu) et il acceptera sans sourciller que son patron et ses actionnaires, pour des raisons indépendantes de leur volonté soient obligés de délocaliser en l'abandonnant sur place muni de ses compétences désormais obsolètes.

Ce qu'on propose finalement aux universités, c'est de renoncer à leur rôle de transmission de la culture pour devenir un rouage de plus dans l'exploitation des masses au profit des actionnaires. Plus généralement, on dira qu'au lieu de mettre la production industrielle au service de la population, il s'agit une fois de plus de mettre la population au service d'une production industrielle génératrice de profits sans doute, mais surtout de gaspillage, de mal-être, et qui, au demeurant, court ainsi au devant de sa propre destruction.

Résumé à l'usage des électeurs piliers de comptoir de M. Sarkozy

Si facultés y'en a fermer, pauvre bougre dans ton genre pas pouvoir trouver école pour enfants à lui. Si écoles privatisées, toi payer autant d'impôts qu'avant sauf que écoles alors réservées à fils et filles de riches. Toi pas avoir intérêt.
Si enfants apprennent à l'école à devenir ouvrier de Bouigues quoi eux faire quand Bouigues y'en aura délocaliser? Hein?
Fabriquer des trucs inutiles pour faire du fric ça y'en a pas bon programme! Toi pas avoir intérêt non plus!

1 commentaire:

Moriah a dit…

You write very well.