vendredi 10 août 2007

le drame des OGM

Il ne devrait pas y avoir de drame comme celui du suicide de ce malheureux agriculteur du Lot, pas plus qu'il ne devrait y avoir d'arracheurs volontaires... pour la bonne raison que les cultures d'OGM en plein champ, dans les conditions actuelles, ne devraient pas être autorisées du tout.

En effet, la culture en plein champ provoque la dissémination des pollens des OGM et on ignore tout des effets sanitaires de cette dissémination. Du reste, les OGM sont sous brevet (des brevets, si je ne m'abuse, d'une durée de soixante ans!) et appartiennent à ceux qui les ont mis au point, qui bénéficient de revenus appelés communément "royalties" lorsque les plantes en question sont cultivées. Lorsqu'un agriculteur utilise ces OGM, il doit rémunérer les concepteurs. Il lui est interdit de réutiliser les semences obtenues à partir de sa récolte sauf à verser de nouveau des royalties au concepteur.

Si les OGM se disséminent, tout agriculteur sera tenu, pour respecter la loi, de payer des indemnités à leur concepteur dès lors que pour une raison ou pour une autre (dissémination par le vent ou autre des pollens) il se trouvera des OGM dans ses récoltes. Ce cas s'est déjà trouvé aux États-Unis où une société a traîné un agriculteur devant les tribunaux après avoir trouvé du maïs transgénique sous brevet au milieu d'une population de maïs "conventionnel".

Loin de permettre de lutter contre la faim dans le monde, les OGM pourraient bien conduire les petits agriculteurs à la faillite, lorsqu'ils sont dans l'incapacité de payer les royalties nécessaires. En tout cas, l'agriculture se met de la sorte un peu plus au service des multinationales et des actionnaires.

Ainsi, pour des raisons évidentes de rentabilité à court terme, la production agricole s'oriente vers les prétendus "carburants verts" hâtivement parés par la publicité de séductions "écologistes". On ne voit là aucun souci de la part des grandes sociétés de s'attaquer au problème de la faim.

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