lundi 17 septembre 2007

la réforme des régimes spéciaux vue par France Info

La libéralisation de notre pays avance tranquillement, orchestrée par les médias ou soutenue par l'opinion. On ne sait si les piliers de comptoir répètent ce qu'ils ont entendu la veille sur TF1 ou si c'est TF1 qui se fait la voix désintéressée des buveurs de rouge limé...

D'ailleurs il faut se garder de trop charger TF1. France Info a beau être une station de radio de service public, ses journalistes n'en servent pas moins la soupe à nos gouvernants, qui, après tout, sont en quelque sorte leurs "supérieurs"
Ainsi ce matin de Florent Guillotat (j'avais compris d'abord Guillotin, à cause de l'accent très parisien de cette radio, et je trouvais ce Florent ainsi bien nommé). Il s'est rendu à Rouen pour sonder le foie et la rate des cheminots.

Son reportage commence ainsi : "beaucoup de cheminots restent opposés à toute réforme". C'est en effet surprenant... Comment ne comprennent-ils pas que c'est pour le bien de la nation, (et donc, avant tout, du MEDEF, puisque M. Sarkozy nous a appris, à l'université d'été du dit MEDEF que la nation est rassemblée derrière ses entreprises) pour le bien de la nation dis-je que ces citoyens doivent faire le sacrifice de quelques années de retraite. Ce sacrifice est d'ailleurs bien maigre, puisque rien n'est plus doux que le travail.

Florent Guillotin interroge deux cheminots. Le premier invoque la pénibilité de son travail. Mais Florent Guillotin lui pose aussitôt la question qui tue : "Que répondez-vous à ceux qui travaillent dans le privé dont le travail est tout aussi pénible,et qui eux, prennent pourtant leur retraite à soixante ans?" Bien joué M. Guillotin! Mme Laurence Parisot n'aurait pas mieux fait. Le brave cheminot répond qu'il demande la retraite à 50 ans pour tous les travaux pénibles. Pas de commentaire du journaliste : cet argument n'est évidemment pas réaliste!

Le second interrogé justifie sa retraite anticipée par le sacrifice financier qu'il a fait en s'engageant dans la SNCF ; dans le privé, on aurait de meilleures payes. Pas très convainquant il est vrai. Mais il ajoute qu'on lui a fait un contrat et qu'il a accepté de travailler à la SNCF moyennant le respect de ce contrat.
Voilà un argument intéressant : l'état a-t-il le droit de rompre un contrat unilatéralement, comme il l'a déjà fait lorsqu'il a falllu augmenter le nombre d'annuités nécessaires à l'obtention des pensions de retraites des fonctionnaires? En principe, l'Etat, pas plus que quiconque, n'a ce droit. En pratique, comme on dit vulgairement, il prend le gauche. L'Etat est le premier à ne pas respecter la loi.

Florent Guillotin, pardon, Guillotat, finit par une note optimiste : "Ca et là" on entend quelques "voix discordantes". Et il cite une jeune femme récemment recrutée "dans les bureaux" qui ne trouve pas justifié son propre régime de retraite. On n'entendra cependant pas le son de la voix de cette victime expiatoire. Selon Florent Guillotin, "Elle n'a pas voulu témoigner pour ne pas déplaire aux syndicats". Au passage, on comprend que les syndicats, bien que fortement sur le déclin (la jeunesse, formée par TF1 et France Info, ne partage pas ses vues) les syndicats continuent d'exercer sur les citoyens une pression morale injustifiable.

Le reportage se termine là dessus. M. Guillotin (Guillotat) n'aura pas risqué, pour sa part, de déplaire à M. Sarkozy.

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