samedi 3 novembre 2007

trop de richesse tue la richesse

Dans l’Angleterre du milieu des années soixante, le jeune George Harrison avait écrit pour les Beatles une chanson intitulée Taxman (percepteur). Il décrivait ainsi le taux d’imposition de l’époque : "There’s one for you nineteen for me" le percepteur prenait donc aux malheureux Beatles les 19 vingtièmes de leurs revenus. C’était peut-être un peu excessif en effet et on sait que « trop d’impôt tue l’impôt ».

Aujourd’hui tout a bien changé et M. McCartney est une des plus grosses fortunes d'Angleterre. La nouvelle question pertinente, c'est : à partir de quel taux d’accaparement la richesse des uns nuit à l’existence des autres ? Quand M. Darty se fait naturaliser belge et emporte sa fortune personnelle en Belgique à l’abri du fisc, qui pourrait le lui reprocher ? (voir ici) C’est son argent privé, mon petit bonhomme !
Grand bien lui fasse, et je ne suis pas client de Darty, de toutes façons.

Quand tel despote Africain possède dans un compte en suisse 9 milliards de dollars, et que la dette de son pays s’élève comme par hasard à 9 milliards, ainsi que le rapporte Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU, dans son ouvrage Les Nouveaux maîtres du monde il y a lieu de se poser des questions sur les limites de la propriété privée.

Mais lorsque on apprend (par le magazine Challenge, voir ici) que la fortune personnelle du patron de LVMH s’élève à 23 milliards d'€,
celle du patron d'Auchan à 17 milliards d'€,
celle de la propriétaire du groupe l'Oréal à 15 milliards,
celle du Pdg de PPR à 10 milliards,
celle d’un des nouveaux actionnaires d'Arcelor-Mittal à près de 9 milliards
celle du Pdg du groupe Dassault à 7,3 milliards,
celle enfin de M. Bolloré du groupe éponyme de transport et de média à 4,3 milliards, n’est-on pas fondé à se demander à partir de quel moment la possession individuelle excessive met en péril la survie collective ?

S’il est insupportable (pour qui?) que certains bénéficient de régimes spéciaux de retraite, est-il plus tolérable qu’une poignée d’individus possèdent personnellement davantage à eux seuls que l’ensemble des ouvriers et employés de leur propre pays ? Quelle démocratie pourrait survivre à une telle accumulation de richesses dans si peu de mains ?

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