mercredi 12 décembre 2007

carte scolaire et langue de bois

Une loi est promulguée pour augmenter le nombre de dérogations à la carte scolaire. Sur France Info ce matin, on se moque de Kadhafi et de son art de la langue de bois ; en France il peut encore perfectionner son art.

Bon alors, premier constat, « l’égalitarisme de façade » conduit « au final » à une inégalité devant la réussite scolaire. Refrain connu : quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. On l’a vu, le médecin de droite est radical : vous avez mal aux jambes ? allez, on coupe. L’aspirine, c’est pas leur genre. Vous me direz, supprimer la carte scolaire ce n’est pas bien méchant… oui, mais en quoi cela va-t-il améliorer les résultats scolaires ?

Eh bien, mais, chacun pourra choisir le meilleur collège ! Au passage, notons qu’il s’agit toujours du collège ! il n’est jamais question de l’enseignement primaire ; s’il ne sert à rien, supprimons-le ! Les enfants commenceront directement en sixième.
Choisir le meilleur collège pour son enfant, voilà le credo. Au lieu d’une carte scolaire où chacun va dans le collège de son quartier on aura un jeu de chaises musicales où le collège le plus select voudra attirer les meilleurs élèves tandis que les collèges moins côtés accueilleront les élèves les plus en difficultés. Caricature ? Quoi qu’il en soit, on ne voit pas trop comment cela pourrait améliorer l’égalité devant la réussite scolaire. Évidemment, ce n’est pas le but d’une telle réforme !

Mais si! Il s’agit, une fois de plus, de réduire une injustice. Les enseignants ne respectent guère la carte scolaire. Ils connaissent les tuyaux pour la détourner. Quelle preuve on en a ? Eh bien, leurs enfants réussissent mieux que la moyenne ! Il suffit de détourner la carte scolaire pour réussir en classe! Désormais on n’aura plus d’excuse en cas d’échec. Mais qu’on se rassure, avec la suppression des droits de succession, il devient bien inutile de réussir sa scolarité. L’argent, on ne le gagnera plus, on l’héritera. Citons George Bush s'adressant à des étudiants : "A ceux qui réussissent leurs études, je dis : "bravo". Aux cancres, je dis "Tant pis : vous pourrez toujours devenir président des Etats-Unis"

D’autre part de la sorte les enseignants seront « mis en concurrence » (ça fait bien dans un discours «libéral »). En vérité, les enseignants ne sont pas attachés à leur établissements : ils peuvent en changer. Au collège, évidemment, le choix est limité mais en primaire (pour ceux qui s’en soucient) les écoles sont proches et les « équipes pédagogiques » peuvent varier du tout au tout d’une année sur l’autre. Autrement dit : vous envoyez votre chérubin à telle école parce qu’elle a eu de bons résultats l’année dernière, et zut, les enseignants ne sont plus les mêmes cette année.

On n’a pas eu droit au couplet écologique, après le « grenelle » de l’écologie si vanté. Pourtant, désormais les parents vont être amenés à effectuer davantage de trajets pour emmener leur trésor à l’établissement de leur choix, qui sera forcément plus éloigné de leur domicile. Or les trajets en voiture sont polluants et gourmands en pétrole, denrée coûteuse). Et comment feront ceux qui habitent les petites villes et qui n’ont qu’un seul collège dans un rayon de cinquante kilomètres ? Ah ! ça existe ? Ben eux, ils continueront à voter FN je suppose.

En bref, voilà une réforme établie essentiellement par souci d’équité et de justice, en clair, pour abolir une fois de plus les privilèges des fonctionnaires. Telle aura été la grande œuvre de ce gouvernement! Et, faut-il le préciser ! c’est bien là le principal problème de notre société…

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