mercredi 12 mars 2008

Ecologie : Oui à l'avion! non à la Bretagne!

Article paru dans Elle du 10 mars 2008, entretien avec Geneviève Ferone, autrice de "2030 : le krach écologique". Cette dame est "spécialiste des questions écologiques" mais surtout, on va le voir, "du développement durable dans le monde des grandes entreprises" ...

L'écologie est dans l'air du temps. Tous les indicateurs sont à l'orange foncé, la planète est au bord de l'essoufflement et de la surchauffe, mais pas d'inquiétude : on va réussir à continuer de se développer! Un bataillon d'écologistes nouvelle manière a été formé et est rémunéré (mais par qui donc alors?) pour qu'on prenne les mesures nécessaires sauf... si elles nuisent aux profits dans le dit monde des grandes entreprises.

Certes, notre spécialiste admet que la situation est critique... ou plutôt qu'elle le sera en 2030! Le réchauffement climatique? Il entrainera des "déplacement de population" (200 millions) où? "à Lagos ou au Caire..." Finalement, rien de bien inquiétant pour nous qui vivons en Europe...
Que faudra-t-il faire? "transformer radicalement notre manière de vivre". Ah! fichtre! mais encore?

Le réchauffement? "On sait que le phénomène est enclenché et que ce que l'on fabrique aujourd'hui aura des conséquences dans deux cents ans" Traduction : il est urgent de ne rien faire. Confirmation dans le paragraphe suivant :
" Prenez la couche d'ozone : au lieu de régler un problème en changeant la réglementation sur les aérosols en 1992, on l'a amplifié" Traduction : pas de réglementation et tout ira pour le mieux (doctrine qu'on a déjà vu chez wikifacho, non?)

"La solution, c'est la décroissance?" avance la journaliste de Elle...
Non, répond la spécialiste; la décroissance, ça aurait été bon au "XVIIIe siècle" (!!!) aujourd'hui, "à 7,5 milliards d'individus, ça ne sert plus à rien" (ah bon, mais pourquoi?)
"Et puis accepter de consommer moins c'est un luxe qui concerne une poignée de nantis et de bien éduqués. A l'échelle de la planète, c'est ridicule. Allez parler de décroissance aux deux tiers de la planète qui cherchent à sortir de la misère" Ben oui, bien vu! Il faut continuer à transformer la forêt amazonienne en champs de soja, comme ça les petits sud-américains ils vont sortir de la misère. Mais Madame Ferone, explique-moi pourquoi au Brésil (deuxième exportateur mondial de soja) la population reste misérable... Parce que le soja, il sert de nourriture au bétail, pas aux "deux tiers de la planète qui cherchent à sortir de la misère". Avec la décroissance, on planterait des patates à la place du soja et on nourrirait peut-être la population... Mais ça, il faut pas! Il faut continuer à fabriquer du soja sur les cendres de la forêt parce que le soja, ça se vend très cher à ceux qui ont de l'argent et ça rapporte beaucoup aux mêmes... On est spécialiste du développement durable dans le monde des grandes entreprises ou on ne l'est pas...

Mais alors dit la journaliste de Marie Claire, il ne faut rien faire?
Ben si! "On peut chacun faire notre examen de conscience"! on "peut" (c'est une affaire de choix personnel) faire un "examen de conscience" (ça se situe sur le plan moral) en clair : que ceux qui se sentent morveux se mouchent.

"Je sais que la Chine ouvre une usine à charbon dégueulasse toutes les semaines , mais j'achète quand même des produits bio, je refuse le cynisme" traduction : c'est la faute aux Chinois (ces faces de citron!) nous les Européens on est blanc comme neige (eh! eh!) et on peut continuer de bétonner la côte de Gibraltar à Naples... à envoyer nos déchets en Afrique, du moment qu'on achète de la salade garantie sans pesticides... en plus c'est meilleur pour la santé! Les cyniques (s'il en existe parmi les lecteurs de "elle" ) auront vite compris qu'ils peuvent même faire sans risque l'économie des produits bio...

Car en effet "Quand j'entends que Monaco s'engage à ne plus émettre de CO2, je trouve ça bien mais ça représente peanuts!" Imaginez alors ce que représente votre petite contribution, à vous citoyen lambda! Inutile de se casser le bocal!
Ce qu'il faut c'est que "La Chine ou les Etats-Unis s'y mett[ent]" "Là oui!" et d'ajouter :

"Si on injectait un quart de la somme de l'économie virtuelle dans l'économie réelle pour faire un environnement propre, on irait bien" de plus savants interprèteront cette phrase sibylline en pur bois de langue...

Geneviève Ferone est une fille super (on voit sur la photo qu'en plus elle est bien conservée) mais elle a un grave défaut sur le plan écologique : sa "gourmandise c'est les voyages" et elle l'avoue : "L'avion, c'est une horreur écologique" Elle ne s'en prive pas pourtant. Mais elle "préfère assumer plutôt que de compenser en taxe carbone" (eh oui, comme on l'apprend sur wikifacho; les taxes, c'est pas bien!) "Personne ne sait où va l'argent taxé" (alors que si on le garde, on sait où il est, et puis ça permet de prendre encore plus l'avion.)
"L'écologie aujourd'hui , c'est le far-West! Au far-West il y avait des gens très bien et des salopards..." On ne saurait mieux dire!

"Je trie mes déchets, je n'ai pas de voiture et me déplace en vélo. Mais j'aime la vie , j'ai Internet et je ne pourrais vivre dans une maison de paille en Bretagne! Ce n'est pas dans le retrait, l'abstinence et la culpabilisation qu'on changera les choses"
Les quelques trois millions de Bretons parmi lesquels peut-être des lecteurs de Elle (ils savent lire, en Bretagne?) ont appris qu'ils vivent "dans le retrait" (ben oui, ils vivent pas à Paris!) ils n'aiment certainement pas la vie et n'ont sans doute pas internet... on comprend qu'ils se sentent coupables... Plutôt que de construire des maisons de paille (écologiques, peu chères et bien isolées) continuons donc allègrement de les fabriquer en parpaings (en béton polluant, mauvais isolant et coûteux).

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1 commentaire:

Anonyme a dit…

besoin de verifier:)