vendredi 12 décembre 2008

Le travail du dimanche, rite tyrannique d'une religion envahissante

On va porter un nouveau coup au repos dominical et les catholiques pratiquants, qui ont en grand nombre voté pour l'ignoble Qui-Vous-Savez, ne protestent même pas. Certains battent même leur coulpe: "Parce que nous ne l'avons pas assez respecté, nous avons mérité de perdre le dimanche!". Ayant négligé leur santé, ils sont reconnaissants à qui les euthanasie...
Il faut dire que la religion catholique bat la breloque. Dans la nation même qui fut naguère fille aînée de l'église (catholique, s'entend), on peine à recruter des prêtres et les églises sont de plus en plus désertées.
Cette désaffection supposée à l'égard de "notre" religion traditionnelle trouve plus d'une explication.

Le Pape, "notre" supposé chef spirituel, donne des consignes, et nous autres intellectuels, (ou demi-intellectuels) n'aimons pas les consignes, alors, nous n'aimons pas "notre" Pape.

Et puis la religion est entrée, pour tous, dans l'ère du soupçon. Comment croire entièrement en Jésus, quand on voit bien que d'autres croient en quelque autre prophète et qu'ils ne s'en portent pas si mal? Certes, nous avons importé notre belle religion catholique dans nos (anciennes) belles colonies, mais du coup, nous avons bien dû remarquer que d'autres religions existaient.

Comment croire que Dieu, dans son infinie bonté, ait pu laisser ces peuplades humaines depuis des siècles et des siècles dans l'ignorance de la véritable croyance? Et si cela signifiait tout simplement que toutes les religions, dans leur fonctionnement et dans leur rôle social finalement se valent? Car les effets de la colonisation, n'ont pas fini de se ressentir, et s'il reste encore des traces des religions pré-coloniales en Afrique par exemple, elles sont en voie d'être définitivement éradiquées : c'est que la colonisation mentale continue, et continuera. Finalement, la religion catholique ne se porte pas si mal, elle a gagné de nouveaux territoires, mais s'est affaiblie du même coup "chez elle". Là, les fidèles sont devenus plus tièdes, plus versatiles, prêts à se rassembler en masse pour acclamer la star du rock nommée le Pape mais peu enclins à rejoindre au petit séminaire le bataillon des soldats du Christ.

Eh puis, la religion catholique, en France, a désormais sur son propre terrain un adversaire redoutable. Je ne veux nullement parler de la religion musulmane, qui pour le moment y est en position défensive et fragile, mais bien de la religion dont le Grand Qui-Vous-Savez est le Pape. C'est bien entendu la religion de la consommation et de la fréquentation quotidienne (7 jours sur 7, comme dit la pub) des Grandes Surfaces dont il est question.

La Sainte trinité Emploi Consommation Croissance devant laquelle on s'incline n'est finalement qu'une religion comme une autre, avec ses croyances (régulièrement battues en brèche par la réalité) et ses rites (de plus en plus envahissants, comme une névrose ou des TOC). Voilà que le rite du travail/consommation du dimanche gagne encore du terrain. Autrefois il fallait aller aux vêpres et déambuler avec résignation entre les chaises pour aller communier alors qu'au dehors riait le soleil (et les filles?) pour gagner un salut incertain. Aujourd'hui il faudrait aller au supermarché traîner entre les rayons, profiter des promotions sur des produits insipides, faire la queue interminablement tandis que au dehors (c'est pour bientôt!) des sociétés anonymes couleront inlassablement du béton dans des coffrages...

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