dimanche 4 janvier 2009

Cuba vu par Gérard Ponthieu


Politis du 24 dec au 7 jan 2009 se fend d’un reportage de quatre pages sur Cuba rédigé par Gérard Ponthieu. Le prétexte en est le cinquantième anniversaire de la révolution cubaine. On a droit a un réquisitoire en règle du régime. L’auteur ne prend pas de gants et ne s’embarrasse pas de fioritures.
« Quoi, un pays pareil, si physiquement doté pour l’agriculture et incapable de nourrir son peuple ? » Gérard Ponthieu signale ailleurs que le pays a subi deux cyclones, le dernier en septembre de cette année.
« Cette maudite quasi-monoculture, fille obèse du colonialisme et des dogmes planificateurs » ose dire Gérard Ponthieu. Alors que la monoculture industrielle, c’est la règle, le modèle, le paradigme du libéralisme.
« Cuba doit importer du sucre Brésilien pour sa consommation nationale ! » -
Quand on sait qu’aujourd’hui même la France elle-même n’est plus autosuffisante en matière agricole, et qu’elle importe en masse des produits comme les noisettes ou le haricots verts, cette remarque semble moins pertinente…
Ainsi « celle-ci (la consommation de sucre) reste élevée : le café, les jus de fruit, les glaces sont fortement sucrés. Le sucre comme aliment basique, coupe-faim dans l’eau et coupe-déprime sous la forme de rhum » Bon, s’ils consomment du café, des jus de fruits, des glaces, c’est déjà ça. Et puis, en ce qui concerne la consommation de sucre, il faut croire que nous aussi, en France, nous sommes déprimés (et aux États-Unis, donc!) Rappelons au passage que le pays où la consommation de «psychotropes » est la plus importante, c’est la France… Manque de libertés ?
Le jeune cubain David « on lui a proposé l’exil aux États-Unis » « mais il y a renoncé pour ne pas abandonner ses parents vieillissants » (noble cœur !) « de toute manière, il n’aurait jamais pu amasser les 10 000 dollars exigés » (on se disait aussi). J’ajouterais que David n’aurait sans doute guère amélioré sa situation en partant aux États-Unis, où les pauvres sont nombreux… Car à Cuba, on soigne tous les gens, pas seulement les riches…
« Comme si la santé et l’école payaient l’absence du reste et de liberté » s’écrie Gérard Ponthieu. Il faut oser écrire ça, dans un monde où plusieurs milliards de personnes n’ont pas accès non seulement aux soins et à l’éducation, mais à l’alimentation… ce qui ne leur donne pas davantage de liberté…
p. 14 « ces fils de grands bourgeois qu’étaient les frères Castro » Encore une approximation tendancieuse, voire une contre-vérité pure et simple : en réalité, Fidel Castro est le fils d’Angel Castro, imigrant galicien analphabète (certes devenu riche propriétaire terrien) et de sa cuisinière créole… quand à Raul il est le fils de la cuisinière et d’un sergent… reconnu ensuite par Angel Castro. On est bien loin de la grande bourgeoisie !
«la jeunesse cubaine (…) se fout de leurs salades, regarde à l’envi cette Amérique qui les nargue, dont ils ont intégré la culture, les mythes les comportements »
« Ne serait-ce qu’en se gavant de novellas bresiliennes » (quel symbole d’autonomie !)
Voilà donc ce que veut la jeunesse cubaine ! Elle veut peut-être des 4X4, des supermarchés, du rap… et « des séries Etats-Uniennes en VO sous-titrées… et diffusées par les deux chaînes cubaines entre d’austères tables rondes et des programmes éducatifs »
Croiriez-vous que les chaînes castristes autorisent la diffusion des séries américaines? Comment verra-t-on la différence, quand c’en sera fini du socialisme ? Ah ! Oui. On supprimera ces austères tables rondes et ces programmes éducatifs

Le plus beau, c’est que Gérard Ponthieu suppose que les cubains protestent contre le régime en cessant tout bonnement de se reproduire !
« Serait-il là le vrai baromètre de la révolution cubaine ? Ou encore dans le taux de natalité tombé à 0,2% par an, qui renouvelle à peine la population? » Là encore, on se demande bien ce que veut dire le journaliste, puisque un faible taux de natalité est caractéristique des pays riches à économie de marché. Ainsi l’Allemagne, mais aussi l’Italie et l’Espagne où la population décroit: contre quoi ces pays protestent-ils muettement?

Ensuite Gérard Ponthieu règle son compte au mythe du « blocus »
« En fait de blocus, il s’agit d’un embargo commercial bilatéral dûment régulé » Oui, vous avez bien lu, M. Gérard Ponthieu parle d’embargo « bilatéral » entre Les États-Unis, première puissance commerciale du monde, 350 millions d’habitants et Cuba, 12 millions des pauvres hères faméliques que notre auteur vient de décrire.
En conclusion, un article orienté et partisan. Gérard Ponthieu semble considérer qu’on n’a pas à se gêner avec un régime dictatorial et que tous les moyens, tous les sous-entendus, toutes les énormités sont bons pour le disqualifier. Cependant, il finit par concéder que le pouvoir castriste a sans doute contribué à éduquer son peuple. Mais peut-être est-ce dans sa bouche encore une critique…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour,

Un tout grand merci à vous d'écrire une critique d'un livre tout à fait inutile et plein d'ineptie.

J'ai eu l'occasion de croiser le chemin de ce monsieur.
Il est complètement à coter de la réalité...

"Monsieur Gerard Ponthieu, arrêter de croire que vous savez, vous ne savez rien !"

Qui êtes vous pour critiquer Cuba, un touriste de cuba sans doute qui joue les reporters.

Si vous voulez vous rendre utile en vers Cuba, posez la question suivante : "Est-ce normal aujourd'hui, de continuer a punir un pays pour son passé et son choix politique."

Frottez vous au réel problème de ce monde !

Mais peut être en faites vous partie ?

Un monde de nanti qui est dirigé par des familles bourgeoises qui pour la plus part tiennent leurs richesses de l'exploitation des plus démunis.
(Je ne dis pas que votre famille a une quelconque relation avec tous ça ni même qu'elle est bourgeoise ! Elle, je ne la connait pas !)

Citation de M.Ponthieu : "...pourfendeur des écarts qui frappent le métier d’informer et observateur gourmand du devenir des médias..."
ref. : http://www.agoravox.fr/auteur/gerard-ponthieu

Ha bon pourquoi écrire un livre ci mauvais et plein de bêtises au sujet des pauvres Cubain ?

Zoro.