mercredi 2 février 2011

Baisser les dépenses publiques pour s'endetter plus


Nouvel appel à la grève des syndicats de l’Education Nationale pour le 10 février 2011. Ils protestent contre la baisse du nombre d’enseignants prévue par le gouvernement, alors que l’effectif des élèves est au contraire en légère hausse.
Si les enseignants suivent leurs syndicats, ce seront des râleurs invétérés (manie bien française ! regardez à l’étranger, ils ne font pas grève, d’ailleurs l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin), et même des fumistes irresponsables quittant leur poste pour agiter dans la rue leurs revendications corporatistes. Si les enseignants ne font pas grève, on dira qu’ils désavouent leurs représentants ; (d’ailleurs, que représentent les syndicats, sinon eux-mêmes? avant, ils étaient à la solde de Moscou, aujourd’hui, ils cherchent avant tout à préserver leur influence) et qu’en somme, ils se rendent compte qu’il n’est pas raisonnable de demander toujours plus… ou plutôt de toujours protester contre le «toujours moins».

Que faire ? Car enfin, on programme bien une baisse des effectifs enseignants. Au nom de quoi ? Eh bien, les résultats de nos élèves Français ne sont pas à la hauteur des espérances. Certaines études montrent que la France n’est pas dans le peloton d’excellence des pays «industrialisés», études fondées, ironie du sort, sur les évaluations effectuées par les enseignants eux-mêmes. Les malheureux se sont auto-évalués et se sont mis eux-mêmes de mauvaises notes. Peut-être auraient-ils dû être plus cléments… peut-être, mais ce n’est pas sûr. En donnant de trop bonnes notes à leurs élèves, ils auraient fourni des arguments à ceux qui pensent que l’éducation nationale est assez pourvue. La conclusion de nos gouvernants, c’est que les enseignants, quoique grassement payés (2000 €/mois au bout de 25 ans en primaire) et placés dans des conditions de travail idylliques (moins de 25 élèves par classe en moyenne) ont failli à leur tâche. Du coup, on va supprimer leurs « avantages » puisque «ça ne marche pas» : quitte à avoir de mauvais résultats, autant que cela coûte moins cher au contribuable!

Curieux raisonnement! Ce qu’entendent les contribuables c’est que cela «coûte moins cher» alors tant pis pour les gamins qui vivront dans des classes trop chargées. D’ailleurs les dépenses publiques doivent baisser. En effet, chaque pays du monde a une note qui lui permet d’emprunter sur le marché bancaire mondial. Meilleure est la note, meilleur le taux d’intérêt. Pour faire monter cette note, ce n’est pas difficile : il suffit de baisser les dépenses publiques. En supprimant ses tribunaux, ses hôpitaux, ses commissariats de police, ses écoles publiques, tout pays « industrialisé » ou non a le droit de s’endetter davantage. On se demandera peut-être pourquoi un pays s’endetterait si ce n’est pour améliorer le confort de ses habitants : quoi de plus confortable pour un citoyen que d’avoir des services publics ? Certes, mais il n’y a plus de citoyens, il n’y a plus que des consommateurs qui n’ont qu’un seul désir : s’endetter.

Mais aux enseignants, on promet qu’ils vont pouvoir faire mieux avec moins. Certes, avec moins de briques, on a du mal à construire une plus grande maison, mais l’enseignement, ce n’est pas comme la maçonnerie. Un enseignant, pourvu d’une bonne photocopieuse et d’un bon micro peut sans inconvénient faire cours à quelques centaines d’étudiants dans un amphithéâtre, pourquoi, à terme, ne pas faire de même avec des élèves de six ou huit ans ?

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