mardi 6 novembre 2012

Les "socialistes" tombent le masque



Avec M. Hollande au moins, on a eu l’étiquette socialiste, rose clair si on veut, mais socialiste ! et voter socialiste, qui aurait cru que c’était voter à droite ?
Avec la création du ministère du redressement productif on était déjà un peu dubitatif. La compétition internationale, c’est un peu le dada de la droite. Parce qu’à cause de la compétition internationale, de la « mondialisation » n’est-ce pas, il faut renoncer à une société égalitaire, il faut se prosterner devant les riches qui créent des emplois en exploitant leurs employés et en dépensant leur richesse alors que nous, pauvres pauvres, on ne crée pas d’emploi ni en travaillant nous-mêmes, ni en allant chez le boulanger acheter le pain sur levain ou chez le boucher acheter le veau de l’Aveyron bio. Redressement productif mon cul. Partageons d’abord ce qu’on a, on produira davantage ensuite, si nécessaire.
Petite parenthèse sur le mariage pour tous, qui certes va dans le sens de l’égalité des droits, mais ne touche en rien au problème de l’inégalité des revenus. Si on vote à gauche, c’est pour avoir une société où les plus forts, les mieux nés ou les plus malins n’empêchent pas les autres d’avoir leur place au soleil. A droite, on est conservateur, on trouve que le monde est bien comme il est, c’est la nature qui veut ça, le patron naît patron, l'ouvrier bosse pour faire vivre des enfants qui deviendront à leur tour ouvriers, à l'ordre des choses il ne faut surtout rien changer, à part sa voiture, évidemment, son téléphone portable, son ordinateur… si on a l’argent pour, et sinon, on peut s’endetter c’est bien pour la banque.
Le  mariage pour tous… ça fait bien rire, plus personne ne veut se marier, sauf les homosexuels – il paraît qu’on vit trop longtemps pour se marier… et pourtant la vie est bien courte… homosexuel ou pas. L’adoption pour les couples homosexuels ? une loi ne suffira pas… il faudra encore convaincre les tribunaux, je crois que ce sont eux qui décident de la validité des adoptions… Enfin, beaucoup de bruit pour peu de résultat.

Le nucléaire, on savait que Hollande n’était pas contre, on n'attendait rien de ce côté-là, à moins d’un "Fukushima" local, et encore… L’aéroport de Nantes, vu que Jean-Marc Ayrault est de Nantes, on savait qu’on allait devoir y passer, et puis, un aéroport de plus ou de moins… remarquez que je ne prends jamais l’avion, et surtout je n’ai aucun goût pour le béton! Il paraît que quand le bâtiment va, tout va... et pourtant,  allez planter des salades dans le béton!
Bref, le Hollande n’a rien d’écolo, mais absolument rien, bien que certains à droite aient émis à haute voix des craintes... ce gouvernement pourrait être l’otage des quelques « verts » à des postes de responsabilité. L’écologie, ce n’est pas le plus urgent, l’écologie, les Français s’en foutent. Ils n’ont été que 2% à voter pour Mme Joly. Il faut dire qu’elle ne présente pas bien : son visage, vieux, son accent, étranger, et puis c’est une femme, et d’ailleurs elle est juge, ce genre de personne qui fait parfois respecter le droit ! Bref, dehors l’écologie, on verra ça quand, comme aux États-Unis, l’espérance de vie commencera à baisser, quand l’air deviendra irrespirable ; - mais même alors, on pourra toujours mettre en vente des masques à gaz fort seyant, qui nous apporteront peut-être moult parts de marché.
Le plus urgent, c’est comme je le croyais de prendre des mesures pour diminuer les inégalités. Si on a élu un socialiste, c’est pour ça, ou alors les mots n’ont plus aucun sens. Or un certain M. Gallois, Louis de son prénom, nous a sorti de son chapeau un très vilain rapport, où il est dit que les parts de marché de la France ont gravement baissé ces dernières années. Deux remarques à cet égard : dans le même temps les rémunération des chefs d’entreprises, ces incapables qui laissent les étrangers nous prendre nos places sur les marchés, ont-elles diminué ? pas que je sache... Comment le comprendre ? D’ailleurs, comment sait-on qu’une entreprise est française ? A la nationalité de ses actionnaires ? Bref, le Louis Gallois demande un crédit d’impôt de 20 milliards pour les entreprises. Le MEDEF applaudit à tout rompre, la droite se demande si Hollande aura le « courage » de le faire.
Eh bien oui ! M. Hollande a le courage de céder au MEDEF ! M. Ayrault annonce qu’il accorde ce crédit d’impôt aux entreprises !  et pour le financer, vous savez quoi ? l’état va faire des économies et la TVA va augmenter. Il fallait y penser, et M. Sarkozy y avait pensé.
Vous vous en foutez sûrement mais je vais quand même vous dire ce que j’en pense, moi. C’était une sacré connerie soufflée à Sarkozy par le MEDEF, et c’est toujours une connerie, même dans la bouche d’un soi-disant socialiste.

Baisser les impôts des entreprises, supprimer une partie des services publics et taxer le pauvre monde ! Le MEDEF l’a rêvé, Jean-Marc Ayrault veut le faire! Et vous savez quoi ? FO trouve que c’est très bien…

12 commentaires:

Paul DERRET a dit…

Le seul hic dans votre raisonnement, c'est que tous ceux qui comptent dans le monde se sont retrouvés à Phnom Penh pour le sommet de l'Asean : il est clair que la croissance est là-bas maintenant. Nous nous acheminons lentement, mais sûrement vers une "tiers-mondisation" de notre société. Certains pays d'Europe ont déjà entamé le chemin avec une certaine célérité. Un européen sur quatre est attendu pauvre dans les prochaines années. Vous devez très certainement avoir un emploi relativement protégé pour raisonner de la sorte... Que répondez-vous à ceux qui grossissent, chaque mois, les rangs des demandeurs d'emploi?

TontonK100D a dit…

Décidément, M. Derret, vous vous intéressez fort à ma personne, davantage qu'à mes idées (qui, je vous l'accorde, ne sont que de simples opinions) Je vais satisfaire votre curiosité : je suis fonctionnaire - c'est ce que vous supposiez, non? mais j'ai dans mon entourage on ne peut plus immédiat un demandeur d'emploi et une personne travaillant dans le privé. Si le "redressement productif" devait résoudre le problème du chômage, je serais peut-être pour le redressement productif, mais il se trouve qu'il y a soixante millions d'automobiles en France, que le béton y gagne l'équivalent d'un département tous les dix ans, que les sociétés françaises du CAC 40 fonctionnent à plein régime... malgré cela nous en sommes à trois millions de chômeurs, sans parler d'une part des deux ou trois millions d'allocataires de pensions diverses et d'autre part des titulaires de contrats précaires... libre à vous de penser qu'en produisant davantage on les remettra au travail! Quand aux subventions aux entreprises, elles existent depuis toujours, prises sur nos impôts! Voilà que les "socialistes" en rajoutent une couche en les finançant sur la TVA, et sur des économies sur le dos de l'état... Savoir que la production de légumes OGM et de pneumatiques sera favorisée par une taxe prélevée sur la baguette et même sur le cercueil des indigents, (eh oui, il y a une TVA sur les cercueil, pas beau, ça) je ne trouve pas ça très socialiste...

Paul Derret a dit…

J'ose espérer que si vous publiez, c'est pour être lu... A quoi bon cracher dans le désert?
Où ai-je dit qu'il fallait produire plus ? Nulle part. En outre, la croissance économique n'est pas forcement synonyme de consommation intérieure (votre béton et vos automobiles).
Par contre, produire moins cher et favoriser d'autres emplois que le bâtiment, la restauration et les services à la personne (qui, je vous l'accorde ont été largement et inutilement subventionnés)... Ces emplois sont peu qualifiés, sans cotisations sociales car payés au smic, ils sont à temps partiel ou saisonnier et n’exportent rien. Quelles sont les "armes" que vous fourbissez face aux pays émergents qui, eux, voient grandir et prospérer leur classe moyenne ?

TontonK100D a dit…

Que la classe moyenne des pays émergents grandisse et prospère est un problème seulement dans la mesure où notre niveau de vie, à nous autres occidentaux, n'est pas extensible à la planète entière, et ce pour de simples raisons matérielles. Dans la compétition économique mondiale, avec une croissance globale trop forte quoi qu'on en dise, l'accès aux matières premières est déjà problématique. L’Europe ne peut pas lutter dans le contexte actuel: d'ailleurs les pays où le coût du travail était relativement faible la Grèce, l'Espagne, etc, sont les premiers à plonger... Pendant ce temps, les grosses entreprises françaises font une bonne partie de leur chiffre d'affaire à l'exportation, elles investissent également beaucoup à l'étranger et ça ne change rien aux problèmes du pays dont elles sont "originaires".
La question pour nous, qui ne sommes ni cadres supérieurs, ni actionnaires est de savoir si l'on peut ou non échapper à la mondialisation. A-t-on intérêt à ouvrir notre marché à des pays aux économies beaucoup moins avancées que la nôtre pour que de grosses entreprises Françaises puissent avoir accès aux marchés dans ces mêmes pays? Doit-on laisser les décisions se prendre en haut lieu et globalement, par des hauts responsables qui se soucient peu des dégâts collatéraux "locaux", et pour lesquels la main d’œuvre est une "variable d'ajustement"? En forçant le trait : de plus en plus de chômage, de moins en moins de services publics, des conditions de travail qui se détériorent (voir en Allemagne) pour obtenir des résultats formidables chez Bouigues, Bolloré et consorts.
Baisser les impôts des entreprises aux dépends des plus pauvres (la TVA n'est un problème que pour les bas revenus) est à mon sens une façon d’aggraver le problème et non de le résoudre. Le fait est que les puissants, y compris se disant "socialistes", s'en soucient peu!

Paul DERRET a dit…

Que le coût du travail des pays comme la Grèce et l'Espagne ait été relativement faible est loin d'être la cause de leurs problèmes actuels...
L'Allemagne s'est tout de même assez bien débrouillée jusqu'à présent, ayant eu à faire face à la réunification et je trouve son tissus industriel assez dynamique.

"De moins en moins de services publics" ?
Le problème est de savoir si nous avons encore les moyens de les entretenir tels quels. Il en est de même pour notre protection sociale.
L'Etat emprunte sur les marchés chinois pour honorer les pensions des retraités actuels. Les collectivités locales empruntent (et dans quelles conditions quelquefois...) pour assurer leur politique sociale... tout en ayant une politique fiscale les plus taxatrice.

Paul DERRET a dit…

La France sera en récession en 2013. La Banque de France suppose même que cette récession a commencé au deuxième semestre 2012. Il n'est pas besoin d'être sorcier pour anticiper une telle mauvaise nouvelle, même si le gouvernement actuel continue à s'entêter à prévoir une croissance de 0,8 %. A regret, François Hollande a reconnu à la toute fin d'un entretien avec des journalistes du Monde : «Il peut aussi y avoir un scénario noir, celui de la récession»*.

Cet aveu mezza voce en dit long sur le doute qui s'est emparé du sommet de l'Etat. Autrement dit, le chômage va atteindre des niveaux jamais vus dans notre pays, qui est pourtant un champion du sous-emploi de masse. En outre, le gouvernement sera incapable de tenir ses engagements de réduction du déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2013, ce qui le mettra en porte-à-faux par rapport à la Commission de Bruxelles, pour ne rien dire des réactions de Berlin à cette nouvelle défaillance française. En conséquence de quoi, la dette publique va continuer de croître, au risque d'inquiéter les marchés financiers et de renchérir son coût.
Le calcul qui permet de prévoir la récession française de l'an prochain est assez simple, presque une règle de trois !

L'ajustement budgétaire annoncé par François Hollande avec beaucoup de solennité est de 30 milliards d'euros : 10 milliards de moindres dépenses et 20 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Cet ajustement équivaut à 1,5 % du PIB. L'incidence négative sur le PIB sera au minimum une décroissance de 1,5 %. Si vous retirez ce pourcentage du 0,8 % de croissance prévu par le gouvernement, vous arrivez à une récession de 0,7 %. CQFD.

Bien sûr, à de tels pronostics, les «hollandais» répondent qu'il faudrait tenir compte aussi des effets positifs à attendre de l'embauche de quelque 6 000 enseignants, du démarrage des «emplois-jeunes», de la création de la Banque publique d'investissement, et du «pacte de croissance» arraché par notre président à Angela Merkel en juin dernier. Mais toutes ces mesures, dont l'efficacité économique n'est pas démontrée, ne sont évidemment pas à la mesure du désastre qui s'annonce.

La récession de 2013 sera une catastrophe non seulement pour le gouvernement Ayrault, s'il est encore en place à la fin de l'an prochain, mais aussi pour l'ensemble du quinquennat d'Hollande. Pour deux raisons.

1) Les dépenses de l'Etat vont croître plus que prévu à cause de la forte augmentation du chômage, inéluctable du fait de la récession, et des allocations qui lui sont attachées.

2) Les recettes de l'Etat vont diminuer à cause de cette même récession. En d'autres termes, sera manqué l'objectif de réduction du déficit budgétaire à 3 % du PIB au nom duquel a été lancé à grand fracas tout ce dispositif de réduction des dépenses publiques et d'augmentation des impôts - «sans précédent», dixit Hollande.
L'objectif du déficit à 3 % du PIB, il faut le rappeler, n'était que la première marche d'un escalier «vertueux» qui devait conduire à l'équilibre les comptes de l'Etat français en 2017. Cette première marche étant ratée, les suivantes seront d'autant plus hautes, et il sera d'autant plus pénible de les monter.
Marianne, le 23 novembre dernier.

TontonK100D a dit…

http://www.liberation.fr/economie/2012/11/07/le-socialisme-est-une-doctrine-morte_858799

Paul Derret a dit…

Oui TontonK100D, le temps du déni de la réalité, c'est fini!

TontonK100D a dit…

"Pour l'économiste Bernard Maris, membre du conseil général de la Banque de France et auteur d'un désabusé Plaidoyer (impossible) pour les socialistes, paru chez Albin Michel, ces annonces ne font que confirmer un mouvement entamé de longue date : l'édulcoration de la doctrine socialiste et sa soumission au «carcan économique».
C'est exactement ce que je dis...
Lire la suite ici: http://www.liberation.fr/economie/2012/11/07/le-socialisme-est-une-doctrine-morte_858799

Paul DERRET a dit…

Tonton..., ce n'est pas de la soumission, c'est du pragmatisme.
David Barroux rédacteur en chef des Echos écrit :"En politique, comme en économie ou en sport, le volontarisme atteint souvent ses limites. Ce n'est pas parce que l'on veut, que l'on peut. Les rodomontades du ministre du Redressement productif n'empêcheront pas PSA de fermer Aulnay, Doux ou Sanofi de tailler dans leurs effectifs ni ArcelorMittal d'arrêter les hauts-fourneaux de Florange".
Il poursuit : "Quel que soit le talent d'un chef d'Etat, il ne pourra jamais inverser le sens de rotation de la Terre.[...] Plutôt que d'infantiliser les Français et de faire naître de faux espoirs vite déçus, la responsabilité des pouvoirs publics est de faire partager par tous le principe de réalité. Accuser de tous les maux les riches, la finance, les multinationales, la mondialisation n'a rien de constructif. Au contraire, cela ne change rien sur le fond mais isole la France sur la forme à l'échelle internationale. [...]A l'heure de la mondialisation et de la crise des finances publiques, les politiques, même s'ils le regrettent, doivent néanmoins admettre que leurs moyens d'actions sont limités. Plutôt que de traiter les entreprises de malades imaginaires et de chercher à préserver un passé industriel, la priorité est de mettre en oeuvre des réformes de fond, parfois douloureuses, pour préparer l'avenir."

TontonK100D a dit…

Je ne sais qui décide du "sens de rotation de la terre", mais il n'est pas difficile de connaître les décideurs de PSA et de Sanofi. Nous sommes en république et le peuple est souverain, n'en déplaise à M. David Barroux.

Paul DERRET a dit…

Oui le peuple est souverain et a élu François Hollande qui s'acheminera vite, je l'espère, vers une social- démocratie. Il n'a pas élu, fort heureusement, un Mélanchon...