vendredi 14 mars 2014

Le printemps sur la province

Sous le ciel bleu d'Auvergne je marche sous l'astre souverain autour de la butte volcanique pleine de reflets et d'ombres ;  en contrebas la ville se vautre dans une mare de brume blanche comme une grosse bête sur la pelisse de laquelle irait et viendrait une kyrielle de parasites. Leur rumeur amoindrie parvient jusqu'à moi : en tendant l'oreille on pourrait entendre tousser les asthmatiques. Les amandiers, forsythias et prunus  fleurissent, étonnés ; Hélios réchauffe mes vieux os et derrière leur haie de thuya taillés à la règle des canidés de race saluent mon passage. Dans l'air doux de la province endormie résonnent les appareils à moteur électriques et à essence, les bagnoles puissantes et rutilantes me frôlent sans ralentir ; une dame descend de son gros quat'quat' le pain à la main, elle vient de la boulangerie distante de deux-cent vingt cinq mètres et tortille son cul moulé dans un jean trop étroit de deux tailles jusqu'à sa coquette maisonnette de banlieue.
On est bien, il fait doux, je vais sortir quelques pots de la remise et ça suffira pour ce matin. A la radio ils ont conseillé d'éviter les efforts. Pas bon pour la croissance tout ça!

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